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ENVIRONNEMENT | SOCIÉTÉ

Bénin : la guerre contre les sachets plastiques non biodégradables

Bénin : la guerre contre les sachets plastiques non biodégradables

Huit ans après l’interdiction, des changements visibles mais encore fragiles.

Adoptée en 2017, la loi n°2017-39 interdisant la production, l’importation, la commercialisation et l’usage des sachets plastiques non biodégradables au Bénin a profondément marqué les habitudes sociales. Huit ans après, le pays observe des avancées notables, mais les défis d’application demeurent.

Promulguée le 26 décembre 2017, cette loi visait à réduire la pollution plastique et à protéger l’environnement. Elle autorise uniquement l’utilisation de sachets biodégradables (hydro-biodégradables, oxo-dégradables ou photo-dégradables), à condition qu’ils soient homologués par le ministère de l’Environnement. Des sanctions financières et pénales sont prévues pour les contrevenants, une mesure destinée à dissuader les importations et usages illicites.

Des changements comportementaux en marche

Depuis l’entrée en vigueur de la loi, les habitudes de consommation ont commencé à évoluer. De nombreux commerçants proposent aujourd’hui des sacs en papier ou des emballages réutilisables, tandis que les consommateurs redécouvrent les paniers en raphia et les sacs en tissu, souvent appelés tote bags. Ces alternatives, plus respectueuses de l’environnement, s’imposent progressivement dans les marchés, les supermarchés et les ménages.

Une application encore inégale

Malgré ces progrès, l’usage de sachets plastiques non biodégradables persiste dans certaines zones urbaines et rurales.

Les difficultés d’application de la loi, le coût élevé des alternatives écologiques et le manque d’infrastructures de gestion des déchets freinent une mise en œuvre complète.

Dans les marchés, certains commerçants continuent d’utiliser le plastique par commodité ou par absence de contrôle rigoureux.

Mobilisation et initiatives citoyennes

Pour renforcer la lutte, plusieurs campagnes de sensibilisation ont vu le jour, à l’image du mouvement #SachetHéloué, qui promeut la réduction des plastiques à usage unique. Des ONG comme le Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE), appuyées par des groupes de bénévoles, organisent régulièrement des actions de nettoyage et d’éducation environnementale. Le gouvernement a, de son côté, lancé le Projet de Promotion des Sachets Plastiques Biodégradables (PPSB) et multiplié les ateliers de formation destinés aux acteurs du secteur agroalimentaire pour favoriser l’adoption d’emballages durables.

Un combat collectif à poursuivre

Si la loi a permis une prise de conscience écologique et un changement progressif des mentalités, le combat contre le plastique reste loin d’être gagné. Pour espérer un Bénin véritablement « sans plastique », il faut renforcer la vigilance sur le terrain, soutenir la production locale d’alternatives biodégradables et intensifier l’éducation environnementale dès le plus jeune âge.

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