Berceau d’histoire et de culture, Athiémé séduit autant par son riche patrimoine littéraire que par ses terres fertiles. Première commune productrice de crin-crin au Bénin, cette cité du Mono incarne un équilibre rare entre mémoire, tradition et développement.
Située dans le département du Mono, au Sud-Ouest du Bénin, Athiémé est une commune à l’identité forte, chargée d’histoire et de symboles. Son nom, inspiré du mina “Ati yéé min” “région des bois blancs”, évoque déjà la beauté naturelle et la richesse de ses paysages.
Autrefois l’une des premières villes commerçantes du Dahomey, Athiémé rayonnait par son activité économique, notamment le commerce du cacao, au point de devenir une base coloniale prospère. Les vestiges des édifices d’alors, encore visibles, rappellent la grandeur d’un passé où la ville était un carrefour d’échanges et d’influence.
Aujourd’hui, sous le leadership du maire Saturnin Kokou DANSOU, Athiémé s’étend sur 238 km², avec cinq arrondissements : Adohoun, Atchannou, Dédékpoè, Kpinnou et Athiémé, totalisant 61 villages et quartiers de ville. Sa population, majoritairement kotafon et Adja Tala, vit au rythme des traditions endogènes, même si le christianisme et l’islam y gagnent progressivement du terrain.
Mais Athiémé, c’est surtout une terre d’agriculture. Grâce au fleuve Mono qui l’enveloppe et nourrit ses terres, la commune s’impose comme la première productrice nationale de crin-crin. Ce légume-feuille, incontournable dans la gastronomie locale, est au cœur de l’économie vivrière. À côté de cette culture phare, l’élevage, la pêche, le commerce et l’artisanat soutiennent le dynamisme économique local.
La position géographique stratégique d’Athiémé, frontalière du Togo, en fait également une porte d’entrée économique et culturelle entre les deux pays. Le pont reliant les deux rives du Mono symbolise cette ouverture et constitue une fierté architecturale locale.
Dans le domaine culturel, Athiémé reste un foyer d’expression artistique. Ses rythmes traditionnels agbadja, avivi, gota, tôba, zinlin, sin houn, tchinkounmin animent les grandes célébrations, notamment “Athiémé Zan”, la fête identitaire qui rassemble les fils et filles de la commune autour des valeurs de fraternité et de développement. La gastronomie locale, avec des mets tels que adé min, djongoli ou bomiwor, complète ce tableau d’authenticité.
Par ailleurs, Athiémé a vu naître de nombreuses personnalités influentes, parmi lesquelles Béatrice Lakoussan, Lucien Kokou, Philippe Noudjènoumè, Léon Basile Ahosi, Dr Luc Sossa, le député Joseph Amavi Anani ou encore Urbain Amégbédji, promoteur d’Athiémé Zan et acteur du développement local.
Le gouvernement n’est pas resté insensible à cette commune historique. Plusieurs projets inscrits dans le Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) y sont en cours : assainissement et pavage des rues, aménagement de la basse vallée du Mono, route Atchannou–Grand-Popo, et mise en valeur du potentiel touristique.
Et pour qui souhaite découvrir la cité des bois blancs, le marché de Zounhouè est une étape incontournable. On y trouve de tout : légumes, plantains, tubercules, souchet, et du bon vin de palme, le tout servi avec le sourire des femmes d’Athiémé.
Athiémé, entre héritage et avenir, continue d’écrire son histoire celle d’une commune où la nature, la culture et le travail des hommes se conjuguent pour faire rayonner tout le Mono.
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