Invitée ce jeudi 10 septembre 2026 sur le plateau de l’émission « L’Invité matinal » d’ESAE TV, la députée Denise Dègbèdji Odoumbourou a apporté des éclaircissements sur les grandes orientations du budget de l’Assemblée nationale au titre de l’exercice 2027. Arrêté à 31 641 329 965 FCFA, le budget connaît une diminution de 4,37 % par rapport à l’exercice précédent. Pour la parlementaire, cette baisse traduit surtout une volonté de rationaliser les dépenses de l’institution tout en renforçant son efficacité au service des populations.
Une baisse qui s’explique par des charges exceptionnelles
Membre de la Commission des finances et des échanges et élue de la 20e circonscription électorale sous la bannière de l’UP le Renouveau, Denise Dègbèdji Odoumbourou s’est employée à dissiper les interrogations suscitées par la diminution du budget parlementaire.
Selon ses explications, cette évolution s’explique notamment par la disparition, en 2027, de plusieurs dépenses exceptionnelles supportées par l’institution en 2026.
L’exercice précédent avait en effet été marqué par l’installation de la 10e législature, avec les charges qui en découlaient, mais également par le paiement des indemnités légales de sevrage accordées aux députés sortants. Ces dépenses, liées au contexte particulier de l’année 2026, ne sont donc plus reconduites dans le budget de 2027.
À ces facteurs conjoncturels s’ajoute une décision assumée de rationalisation du fonctionnement de l’institution. La députée attribue cette démarche à une orientation portée par le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou.
« C’est la rationalisation du fonctionnement de l’institution qui a permis la réduction de certaines charges », a-t-elle expliqué.
La digitalisation pour réduire les coûts
Parmi les mesures mises en avant figure également la transformation numérique de l’administration parlementaire.
Denise Dègbèdji a particulièrement insisté sur les économies générées par la digitalisation des procédures et des documents parlementaires. Cette modernisation permet notamment de réduire considérablement les coûts liés à l’impression et à la reproduction de volumineux dossiers destinés aux députés.
L’enjeu, selon la parlementaire, est désormais de faire mieux avec moins de ressources, en s’appuyant davantage sur les outils numériques et sur une gestion plus efficiente des moyens de l’institution.
Reddition de comptes, formation et contrôle de l’action gouvernementale
Pour la députée, la baisse du budget ne signifie nullement un recul de l’action parlementaire. Bien au contraire, l’exercice 2027 devrait permettre à l’Assemblée nationale de renforcer son rôle auprès des citoyens autour de trois principaux leviers.
Le premier concerne la reddition de comptes. Il s’agit de rapprocher davantage les députés des populations, d’aller à leur écoute, de recueillir leurs préoccupations et de mieux prendre en compte les réalités du terrain dans l’élaboration des lois.
Le deuxième axe porte sur le renforcement des capacités des parlementaires. L’objectif est de permettre aux députés de disposer des compétences et des outils nécessaires pour examiner avec davantage de rigueur les projets et propositions de loi soumis à leur appréciation.
Enfin, le troisième levier concerne le contrôle de l’action gouvernementale. Des missions d’information et d’enquête doivent notamment permettre aux parlementaires de mieux apprécier l’utilisation des ressources publiques et l’impact concret des politiques publiques sur les populations.
Une convergence entre efficacité institutionnelle et action sociale
Au cours de son intervention, Denise Dègbèdji Odoumbourou a également évoqué les relations entre l’Assemblée nationale et l’Exécutif. Elle s’est félicitée de la dynamique de collaboration entre les deux institutions, estimant que cette synergie favorise la mise en œuvre des politiques publiques.
La parlementaire a, dans ce cadre, salué les premières orientations du gouvernement dirigé par Romuald Wadagni, qu’elle présente comme un Exécutif soucieux de traduire ses engagements en actions concrètes.
Elle a notamment mis en avant plusieurs mesures à caractère social issues de la dernière loi de finances rectificative, parmi lesquelles la gratuité des frais de scolarité pour les filles, la prise en charge des urgences vitales dans les formations sanitaires, le renforcement des cantines scolaires ainsi que l’extension des infrastructures d’accès à l’eau potable dans les établissements scolaires et sanitaires.
Un budget moins élevé, mais davantage orienté vers l’efficacité
Au terme de son intervention, Denise Dègbèdji Odoumbourou a défendu l’idée selon laquelle la performance d’une institution ne se mesure pas uniquement au volume de ses crédits, mais également à la pertinence de leur utilisation.
Avec ses 31,64 milliards FCFA, le budget 2027 de l’Assemblée nationale se veut ainsi, selon elle, un instrument de rationalisation, de modernisation et d’amélioration de l’efficacité parlementaire.
À travers la réduction de certaines charges, la digitalisation des procédures et le renforcement du contrôle de l’action publique, la représentation nationale entend démontrer qu’une gestion plus rigoureuse des ressources peut aller de pair avec une présence parlementaire accrue auprès des populations.
L’objectif affiché : faire de l’efficacité budgétaire un levier au service d’un Parlement davantage connecté aux réalités et aux préoccupations des Béninois.
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